J’ai 42 ans, je suis marié et nous avons trois enfants de 8 ans, 6 ans et 3 ans. Nous habitons à Saint-Lézin depuis maintenant 8 ans.

J’ai commencé à jouer de la guitare il y a une trentaine d’années. Guitare classique tout d’abord, puis l’envie m’est venue d’essayer de jouer des chansons et de chanter. D’abord dans ma chambre, puis avec des amis, lors de rassemblements, de camps.

Puis, un jour, on m’a proposé de venir animer une messe. J’étais débutant, hésitant, maladroit, mais nous faisions ça entre amis donc le défi m’avait plu. Et cette première a donné naissance à plein d’autres. Avec le recul, je pense que j’ai énormément appris au travers de ces animations. J’ai pris confiance en moi, j’ai progressé. J’ai réussi à jouer devant d’autres personnes, moi qui étais si timide à l’époque. Et tout ça grâce à des gens qui m’ont fait confiance au départ.

J’ai pu vivre des moments forts en Eglise, en me mettant au service de l’animation liturgique ou de veillées : le pèlerinage des jeunes de l’Anjou à Lourdes, le synode du diocèse d’Angers, les JMJ de Madrid… Je rends grâce pour tout ça aujourd’hui. J’ai rencontré également pas mal de personnes à travers de tout ça ; la musique rassemble, pour ça aussi elle est belle.

Aujourd’hui, je suis impliqué sur la paroisse Notre-Dame en Chemillois pour l’animation des messes des familles, mais également au sein d’une équipe liturgique sur Saint-Lézin. C’est très important pour moi, je le vois comme une réelle mission. En effet, la liturgie est très riche et a une dynamique. Tel moment est plus festif, tel autre plus intérieur. La musique est au service de ça, et aide à vivre cette liturgie au plus près. J’aime pouvoir apporter des chants, un nouveau répertoire, qui collent à merveille à tel psaume, telle lecture… De plus, lors de certaines célébrations, on voit dans nos assemblées des personnes qui ne vont jamais à la messe ; l’animation musicale a ici un rôle pastoral, missionnaire. Peut-être est-ce que ces personnes peuvent être touchées par le dynamisme, la beauté… Peut-être est-ce qu’elles peuvent ressortir de l’église avec une nouvelle image de l’Eglise et de la foi… Elles peuvent venir avec des aprioris et découvrir une Eglise qui serait peut-être plus actuelle, plus joyeuse que l’image qu’elles s’en faisaient… Elles n’iront peut-être pas à la messe tous les dimanches, mais elles se seront ouvertes, elles auront saisi un peu du message du Christ.

Pour conclure, je dirais que ce qui me fait continuer, en plus du plaisir, c’est une obligation, en quelque sorte. La voix qui est la mienne et qui porte les chants, je l’ai reçue. C’est comme ça. C’est ma voix. Je la reçois comme un don de Dieu. Je me dois donc de la mettre à son service. Il ne faut pas cacher son talent dans la terre, comme l’homme peureux de la parabole. Mais il faut plutôt le faire fructifier, pour le bonheur de Dieu (et des hommes).